La ouaeda de Sid safi

Béni-Saf: Sid-Essafi célébré ce jeudi

par Mohamed Bensafi (le quotidien d'oran 15/10/2008)

Ce week-end aura lieu la traditionnelle fête patronale de la zaouïa de Sid-Essafi, apprend-on auprès de l'association Ouled Sid-Essafi, famille issue de la descendance. Cette manifestation socio-culturelle est célébrée chaque année selon la tariqa El-Adarasia, une voie spirituelle très attachée à la doctrine du soufisme remontant au 17e siècle.

Cette année, comme depuis 1997, elle se déroule au village qui porte son nom. Le programme, qui débutera le jeudi, sera alléchant, a affirmé l'un des interlocuteurs de l'association. La matinée est consacrée à l'accueil des visiteurs et un comité particulier est chargé de cette tâche. Le moment le plus attendu est, bien sûr, la fantasia. Le spectacle est garanti, ajoutera-t-il, où plus d'une centaine de chevaux (ici, on parle souvent de âlfa ou machlia, groupe de 8 cavaliers), venant de plusieurs régions de l'Oranie, sont attendus. La fantasia se déroulera dans l'après-midi, sur son lieu prédestiné, les terres appartenant à Ouled Lahbib Bensafi, sur la sortie Est de la ville. En plus des invités, beaucoup de monde est attendu.

Les organisateurs ont cette année, comme jadis, chargé une personne (un berrah), qui a parcouru les souks hebdomadaires de la région, de faire l'annonce par criée. Le couscous, notre interlocuteur a promis qu'il y en aura suffisamment pour tout le monde ! La Ouaâda de Sid-Essafi a un cachet particulier : c'est toute une population de Sidi Safi qui participe à ce festin appelé communément maârouf. Les repas seront servis sous des tentes dressées pour la circonstance, toits des maisons et même à l'intérieur de la grande mosquée. En soirée, des groupes de tolba sont formés pour la récitation de quelques chapitres du Saint Coran. Cette séance reprendra ses droits après la prière d'El-Ichaa, et peut durer toute la nuit. Il y aura aussi des hadiths et des madaïh. Un programme totalement religieux, conclura ce membre.

Les invités, notamment les cavaliers, seront pris en charge par des membres de l'association, et la nuit de jeudi à vendredi risque d'être très courte car contes et histoires s'entremêleront. Ainsi, pendant deux jours, les gens se retrouveront dans la joie, dans la vénération et dans la nostalgie. C'est tout simplement le rendez-vous (el-ouâd) dans l'accord.

Sid-Essafi, de son vrai nom Ahmed ould Sidi-Brahim Hamr-El-Aïn ould Sidi-Hadj Benameur, est né en 1720 près de Tighennif, plus précisément dans la localité de Sidi Kadda El-Mokhtar (Mascara), au sein d'une famille modeste composée dans sa majorité de tolba. Ce prénom Es-Safi (qui signifie le saint), il l'hérita de son frère Mohamed. Lui aussi un homme sage, pieux et plein de bonté, qui réconciliait les hommes entre eux. Une zaouïa porte d'ailleurs son nom près de Tighennif. C'est entre 1750 et 1755, alors âgé d'à peine 35 ans, que Ahmed vint s'installer dans cette région de Oulhaça Cheraga, autrefois connue sous le nom de Andak, encore sous l'empire du roi Ahmed Ben Khelifa, plus connu sous le pseudonyme Lazreg. Aussitôt, il devint très influent et conquit les coeurs des gens mais inquiéta quelque peu l'administration du colonisateur de l'époque - les Turcs - qui, pour l'éliminer, le condamna à être brûlé vif dans un puits tari. Ses bourreaux ne s'en remettront jamais : jeté dans le puits en feu, Sidi-Ahmed jaillit au milieu d'un autre puits mitoyen, plein d'eau cette fois-ci. Craignant une colère divine, le commandement turc ordonna sa liberté. Sidi Ahmed ne sera plus inquiété. Jusqu'à sa mort, vers le début du 19e siècle, Sidi Ahmed ou Sidi-Essafi Esseghir se consacrera pour les bonnes causes. Aujourd'hui, sa zaouïa, près de Béni-Saf, connaît chaque jour des visiteurs. Les enfants maladifs y trouvent un soulagement certain, dit-on.

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